La faïencerie de Niderviller
en Moselle, Lorraine
La faïencerie de Niderviller, vieille de plus de 300 ans, est une des dernières manufactures de faïence de Lorraine.
Située à Niderviller, dans la Moselle (57), plus précisément au cœur des Vosges, la manufacture a longtemps tiré son avantage de la carrière d’argile rouge voisine et des forêts alentours.
Plus de 3 siècles d’histoire !
Début du XVIIIème siècle
Tout commence en 1735, lorsque Dame Anne-Marie André décide de lancer une faïencerie à Niderviller afin de rentabiliser les carrières et les forêts de son domaine.
A cette époque, il s’agit d’un métier nouveau, surtout en Lorraine.
C’est Mathias Lesprit, maître faïencier, qui se verra attribuer cette responsabilité.
Malheureusement le succès escompté n’est pas au rendez-vous. La faïencerie est revendue au directeur de la monnaie de Strasbourg, Jean-Louis Beyerlé en 1748 pour la somme de 90 000 livres (correspondrait à 1.000.000 € de nos jours).
Fin du XVIIIème siècle
Souhaitant rivaliser avec les plus grandes faïenceries de l’Est de la France, comme celle de Strasbourg, Jean-Louis Beyerlé engage de nombreux ouvriers Alsaciens.
En 1759, François-Antoine Anstett deviendra directeur de la fabrique. Il introduira alors la technique de cuisson dite “Petit feu”, une cuisson à “basses températures” qui permet alors l’apparition de nuances tels le rose, le vert pâle et l’or.
En 1770, alors que la faïencerie de Niderviller est en plein essor, elle est achetée par le Comte Adam Philippe de Custine, pour 400 000 livres. François-Antoine Anstett en reste le directeur et, en 1772, il crée la “Terre de pipe”, une faïence fine naturaliste.
En 1778, François Henn Lanfrey prend la direction de l’usine, l’agrandit et achète des carrières de kaolin près de Limoges.
En accueillant Lemire (né Charles-Gabriel Sauvage), meilleur élève de Paul-Louis Cyfflé de la faïencerie de Lunéville alors en mauvaise passe, la faïencerie de Niderviller racheta les moules de ce dernier. La réputation de la production de Niderviller connait dès lors un essor extraordinaire.
Coup dur en 1793, le Comte de Custine est guillotiné, ainsi que son fils. La faïencerie devient alors un bien national et ferme temporairement ses portes.
Un porcelainier de Paris reprend les ouvriers de la manufacture. En effet, à la fin du XVIIIème siècle, la faïencerie de Niderviller produisait aussi de la porcelaine.
XIXème siècle
Suite au rachat de la manufacture de Niderviller en 1802 par François Lanfrey, la production des statuettes à l’origine de sa renommée continue. La période de l’Empire permet à la production de luxe de reprendre.
Ainsi, ses productions finissent répertoriées dans un “Livre des formes” et qualifiées de “faites de main de Maître”.
Enfin, en 1827, suite au décès de François Lanfrey, ses fils vendent l’usine à Louis-Guillaume Dryander. En 1830, la production de porcelaine est arrêtée, celle de Limoges opposant une trop forte concurrence. La manufacture de Niderviller se concentre alors sur la faïence.
Des modèles d’assiettes à asperges et à artichauts voient le jour sous l’influence de Lunéville et de Salins.
En 1886, la faïencerie est transformée en Société anonyme de droit local. Toute la période Art nouveau (1880-1925 environ) connaît une succession de directeurs artistiques très compétents et un personnel qualifié et expérimenté.
XXème – XXIème siècle
En 1906, une succursale est ouverte en Suisse.
Jusqu’en 1948, la faïencerie de Niderviller reste la propriété de la famille Dryander.
Connaissant une période faste, de nombreuses filiales ouvrent leurs portes dans le monde, notamment en Allemagne, en Algérie et, après la Seconde guerre mondiale, en Bretagne.
C’est dans cette période que le groupe s’agrandit aussi grâce au rachat de deux autres faïenceries : “Le Moulin des loups” et “La faïencerie de Ste-Radegonde-en-Touraine”.
Malheureusement, ces deux dernières finissent par fermer en 1984 et en 1986 alors que le groupe est progressivement racheté, jusqu’en 1963, par la banque Worms.
Avant de devenir une SCOP en 1987, la société passe entre les mains de SITRAM en 1981. C’est en 1993 qu’elle fera l’objet d’un redressement Judiciaire.
Elle sera finalement intégrée au groupe “Les Jolies Céramiques” dont elle est toujours une filiale aujourd’hui.
Sources :
- Terres d’Est
- Livre “Asperges en barbotine” de Maryse Bottero – 1986 – Éditions Massin
