03-L’occupation – Commerce et monnaie

Le commerce et la monnaie

Des tickets de rationnement sont mis en place pour la viande et le pain. Les éleveurs n’ont pas de tickets pour la viande.

La distribution se fait à l’annexe de la mairie dans l’ancienne mercerie Koch-Ritter (avant et après la guerre) par l’un des adjoints au maire.

Le commerce est entravé par le rationnement des denrées et par ces fameux tickets. L’approvisionnement des produits se fait de plus en plus mal au fur et à mesure que la guerre s’enlise et que les stocks s’épuisent. Le sucre est rationné. On privilégie alors les besoins primaires : les aliments, les vêtements et les matières nécessaires à l’entretien des logements.

L’Alsace étant devenu allemande, la question de la monnaie se pose. Bien entendu, il faut passer à la monnaie allemande sans délai, c’est à dire au Reichsmark. Le taux de change était de 20 Frs pour 1 Mark. Un fort mécontentement s’installe ainsi qu’une perte de confiance envers les autorités allemandes. Les salaires, très bas par rapport au reste de l’Allemagne, sont augmentés et la valeur des denrées vendues sera alignée sur les prix Outre-Rhin.

La germanisation

Pour faciliter l’intégration dans la nation allemande, tout ce qui peut rappeler la présence française en Alsace doit disparaître. Les actes administratifs doivent être rédigés en allemand. Les communes et les principales rues changent de nom.

Ainsi, notre village devient “Hördt“. La rue de la République, appelée à l’époque rue Principale, devient “Adolf Hitler Strasse” que beaucoup de hoerdtois réticents dénommeront “Hauptstrasse“. La rue de la Wantzenau est rebaptisée “Karl Roos Strasse” du nom de cet alsacien accusé d’avoir adhéré à la cause de l’Allemagne nazie, condamné et exécuté le 7 février 1940. La propagande nazie le glorifie comme le premier martyr de l’Alsace allemande.

Le “Hochdeutsch” devient obligatoire. L’emploi du français en public entraînera maintes arrestations. Les journaux de langue française sont interdits. On décide même de collecter tous les livres, les magazines et les revues imprimés en français. Tous les monuments publics français sont soit détruits, soit démontés et relégués dans les musées. Le monument aux morts de Hoerdt, dédié aux victimes de la grande guerre, n’est pas épargné et doit céder la place à un bloc de grès surmonté d’un lion.

Le fauve regarde vers l’Ouest et tourne son postérieur vers l’Est. Malicieux, les hœrdtois profitent de l’aubaine pour se gausser : “Voyez ! Il rugit vers la France et ch… sur l’Allemagne“.

C’est aussi à cette époque qu’une partie du personnel enseignant est envoyé dans le pays de Bade pour y bénéficier d’un recyclage professionnel. On s’attaque même à l’identité familiale et personnelle. On fait pression pour modifier l’état civil. Les noms patronymiques, les prénoms à résonance française sont prohibés.

Ces mesures se mettent en place difficilement, les autorités allemandes rencontrant une forte résistance des intéressés.