Le 16 janvier 1945, la tête de pont de Gambsheim fait l’objet d’une nouvelle attaque franco-américaine. La 12ème D.B.U.S. et la 79ème D.I.U.S. sont sur l’axe Herrlisheim-Offendorf, mais échouent une nouvelle fois. La division blindée a perdu 50 chars. Au Sud, la 3ème D.I.A. est stoppée devant Gambsheim à 12h par une contre-attaque allemande au niveau de la voie ferrée. Les français doivent se replier.
Le 17 janvier, le 39ème corps de Panzers allemand perce dans la trouée de Seltz en direction du Sud. Dès le 19 janvier, Drusenheim est dépassé, la tête de pont de Gambsheim cesse d’exister. La liaison avec la 1ère Armée allemande est faite.
Dans la nuit du 18 au 19 janvier, la 10ème division blindée SS “Frundsberg” est réorientée vers l’Ouest de Gambsheim et Herrlisheim vers Weyersheim et Rohrwiller, dans le but de prendre à revers les forces américaines du secteur de Haguenau. Une puissante vague de chars, suivie d’infanterie portée, pénètre entre les villages de Hoerdt et de Weyersheim. Le pont sur la Zorn près de la route entre Gambsheim et Weyersheim est pris. Les chars Panthers et Tigres parviennent jusqu’à la route menant de Bischwiller à Strasbourg.
Mais la 12ème D.B.U.S. contre-attaque dans la matinée du 19 janvier. De nombreux chars Shermans et tank-destroyers du dernier modèle, peints en blanc pour passer inaperçus dans la neige, repoussent les allemands vers l’Est en direction de Gambsheim.
Le terrain est d’abord facilement conquis, mais de puissantes défenses anti-char allemandes protègent les villages, et particulièrement les lisières de Herrlisheim. Un nombre important de chars américains est incendié ou mis hors de combat par des mines.
Il s’en suit un fort ralentissement, puis un arrêt de l’élan américain. Mettant à profit cette situation, les chars allemands, sortants de leurs couverts, contre-attaquent à leur tour.
Une des plus grandes batailles de chars de la guerre se livre alors de part et d’autre de l’ancienne route nationale 68 qui relie Strasbourg à Lauterbourg. Avec des fortunes diverses, chars Shermans et destroyers d’une part, Tigres et Panthers de l’autre, se livrent un combat sans merci. Des panaches noirs, mêlés de flammes, s’élèvent de toutes parts. Les allemands prennent le dessus et arrivent à déborder, puis à reconquérir les bois du Steinwald (à l’entrée Nord-Ouest de Gambsheim). Ils reprennent le terrain perdu et avancent vers les positions américaines.
Mais les tirs combinés des 3 canons d’assaut, des 6 mortiers, des canons des chars et de l’artillerie américaine positionnée à Weyersheim associés aux obus fumigènes du 67e R.A. français positionné à Hoerdt viennent à bout de la contre-attaque allemande qui est à son tour brisée. Il est 16h ce 19 janvier 1944. Beaucoup d’équipages ont péri carbonisés dans leur char. Un des engins a reculé et dérapé sur la berge de la Zorn. Il s’est renversé avec la tourelle dans la rivière.
En définitive, le bilan de l’attaque allemande se solde par des pertes élevées de part et d’autre, en chars et en hommes, pour un résultat nul. Au crépuscule, les lignes sont restées identiques à celles de l’aube, mais la plaine est jonchée à perte de vue de cadavres d’hommes et de carcasses de chars.
Les positions, devenues intenables pour les américains, les contraignent à se replier vers le Waldgraben, à 1km de l’entrée Est de Weyersheim. La 12ème D.B.U.S. est relevée à 2h30 dans la nuit du 19 au 20 janvier par la 36ème D.I.U.S.. Seuls les chars restent à Weyersheim. À 4h du matin, les allemands, vêtus de capes blanches, attaquent en pure perte les positions américaines dans le Bruchwald, au Nord du Waldgraben. Le 21 janvier, les américains brisent encore quelques attaques allemandes sur le Waldgraben, puis sont relevés à leur tour.
Suite à ces différentes attaques et des pertes subies par la 12e D.B.U.S. (1200 hommes et 70 chars), le 6ème C.A.U.S. doit réduire son front et se retire sur la Moder. Il laisse tout le Nord de l’Alsace aux mains des nazis. Vers l’Est, les américains se retranchent sur une ligne défensive entre Weyersheim et Rohrwiller.
Entre-temps, le 18 janvier 1945, la 2ème D.B. du général Leclerc, engagée en Lorraine, est rattachée à la 1ère armée française et se regroupe dans la région de Molsheim. Le groupement tactique Langlade vient renforcer la 3ème D.I.A. au Nord de Strasbourg.
Le 21 janvier, les allemands reprennent leurs tentatives de pénétration. Ils cherchent toujours à découvrir les points faibles des défenses américaines et françaises. Une vingtaine de chars circulent, par deux ou trois, le long du front. L’évènement le plus significatif reste l’offensive lancée vers midi sur le Bruchwald au Nord-Est de Weyersheim. Une douzaine de chars et 200 fantassins y participent.
L’offensive est repoussée et l’ennemi subit des pertes élevées (80 morts et blessés et 118 prisonniers). En outre, la 10ème Division blindée SS a perdu plusieurs chars ainsi que de précieux documents.
Sources :
