Faïenceries : Onnaing

La faïencerie d'Onnaing

Nord, Hauts de France

En 1821, les membres de deux familles nobles, les frères Charles de Bousies (Vicomte de Rouveroy), son frère Ferdinand-Louis et le Baron Frédéric de Sécus, fondent la faïencerie d’Onnaing, dans le département du Nord. Elle est située au lieu-dit de l’Arsin.

Charles et Frédéric n’étaient pas novices dans le domaine de la faïencerie puisqu’ils avaient déjà créé une faïencerie à Nimy en Belgique en 1789. Celle-ci fut reprise par la famille Mouzin-Lecat en 1850.
Charles de Bousies avait aussi fondé en 1797 une faïencerie à Ferrière-la-Petite.

Cette implantation sur le territoire français avait pour but d’éviter les charges dues à l’exportation de la Belgique vers la France ainsi que vers les autres pays du monde car les charges d’exportations en France étaient plus faibles qu’en Belgique.
Isidore Paulus, fils du directeur de la Faîencerie de Nimy et peintre sur faïence, en fut le premier directeur de 1821 à 1827

En 1827 l’usine change de propriétaire. Alexandre Giraud, d’Onnaing, acquiert la faïencerie et la dirige avec son frère Charles.

C’est en 1858, que Jean-Baptiste Mouzin rachète la faïencerie en association avec les copropriétaires de Nimy-les-Mons. L’usine s’étend alors sur une superficie de 15 000 m² et prend le nom de “Société Mouzin Frères”.

En 1894, leur société en nom collectif est transformée en “Société anonyme de la faïencerie d’Onnaing”. Adolphe Lecat en a assuré la direction de 1894 à 1900, remplacé par Eugène Hans, époux d’Estelle Mouzin (fille d’Auguste, de Wasmuël) de 1900 à 1919.

A Ia fin du XIXème siècle, la manufacture connaît un essor considérable grâce au transport ferroviaire, qui facilite l’acheminement des matières premières, soigneusement sélectionnées et préparées par l’usine, grâce aussi aux modeleurs, qui sont de véritables artistes. Ils sont formés aux écoles académiques de Valenciennes. De plus, la direction choisit soigneusement ses peintres : ils sortent d’écoles de peinture renommées, ou bien possèdent déjà une expérience professionnelle dans une autre faïencerie. Que ce soit au pinceau, au pochoir, au vaporisateur ou à l’éponge, ils sont d’une grande habileté et décorent les modèles avec talent et finesse.

Le marché national et international laisse entrevoir un engouement général pour la barbotine. Cet enthousiasme encourage une très importante production pour satisfaire la clientèle. Sur les pièces destinées aux États-Unis, on peut voir la mention “Made in France”.

Enfin, la production est de plus en plus diversifiée. De la vaisselle courante et utilitaire, elle passe aux services à asperges : deux plats de service (l’un à grille, l’autre ovale) et une assiette à asperges sont implantés sur le marché.

Environ 1870

Environ 1870

Ils sont très proches des modèles de Nimy-les-Mons et ne n’en diffèrent que par les couleurs. La manufacture présente aussi des services à huîtres, à poissons, des services de toilette, des garnitures de cheminée, etc., de même que des créations de vases, de jardinières, de cache-pots, de canettes, de pichets de forme, de tirelires, de services de fumeurs, de cendriers, de centres de table, de colonnes, de bouquetières, etc. Les articles de salle de bains et de toilette sont exécutés par coulage en émail blanc. Le carrelage est moulé ou pressé. Le blanc prédomine, mais les plinthes sont de couleurs vives : roses, vertes, bleu turquoise ou marron clair.

Quelques grands panneaux muraux décoratifs ont été créés par des artistes tels que Monsieur Dufrasne (exécuteur de la fresque du salon de la Mairie d’Onnaing), Monsieur Van Castel, Monsieur Demade (co-créateur, avec Monsieur Dufrasne, du panneau de la faïencerie commémorant les ouvriers tombés au champ de bataille). À l’ensemble de ces facteurs, il est nécessaire d’ajouter Ia volonté inébranlable et le génie créatif de Paul Battair, directeur technique de la faïencerie d’Onnaing de 1900 à 1927.

En 1914, la faïencerie produit un nouveau catalogue de ventes. De nombreux articles s’ajoutent au précédent. Malheureusement la Première Guerre Mondiale (1914-1918) fait des ravages. La faïencerie est occupée par les allemands qui détruisent systématiquement le matériel, entre autres les broyeurs, malaxeurs, filtres, chaudières, etc…

À la sortie de la guerre, Charles Mouzin est nommé directeur. Il assume cette fonction de 1919 à 1938.
En 1921, la reprise est difficile mais à force de ténacité et de volonté, la fabrication reprend petit à petit. Pour encourager les ventes, la faïencerie édite, en 1934, un catalogue de vente. Malgré les efforts constants et l’énergie déployée pour “tenir”, la production s’arrête le 8 février 1938.
L’usine occupe alors plus de 60 000 m² de superficie totale : un long chemin parcouru depuis 1858.
La liquidation s’étale de 1939 jusqu’à la fin de l’année 1947. A l’arrêt de l’usine, la faïencerie occupe environ 500 ouvriers, surtout des ouvrières.

Sur les images ci-dessous, extraites d’un catalogue commercial de 1929, on retrouve quelques pichets, aussi appelés “canettes”.
Chaque pichet était désigné par un numéro et un nom évocateur : le Député, le Coq Gaulois… et comme il s’agissait avant tout d’objets utilitaires les contenances étaient précisées : 0.90 litre pour le Canard, 1.90 litre pour la Taverne.

Sources :