Faienceries : un peu de vocabulaire

Un peu de vocabulaire...

Alondier : Foyer placé à la base d’un four.

Argile : Terre provenant surtout de la décomposition des feldspaths, avide d’eau, imperméable et plastique, dite terre glaise ou terre à potier.

Barbotine : Pâte délayée que l’on emploie pour les pièces se fabriquant par coulage.
Mélange d’argile, de marnes et de sable délayé dans de l’eau, tourné, moulé ou coulé.

Céramique : Terme générique désignant l’ensemble des produits argileux transformés de façon irréversible par une cuisson supérieure à 600°C. (Yves PELTIER, L’estampille, H. S. n° 12 H, 1995).
Du grec keramos, argile ; les céramiques naissent de l’heureuse rencontre de la terre et du feu.
La céramique se divise en deux grandes familles : les faïences, de matière opaque, et la porcelaine, de matière transparente.
La faïence peut avoir une pâte à grain poreux, comme la terre cuite, ou bien la pâte cuite à un degré tel qu’elle n’absorbe plus l’eau, comme le grès.

Couleurs : Les couleurs de grand feu s’obtiennent à des températures extrêmement élevées. Ces couleurs sont très résistantes et peu nombreuses : le bleu, le vert et le brun.

Elles sont destinées à former les fonds. Le feldspath est Ia substance que l’on emploie comme fondant de ces couleurs ; il est fusible à la température des fours à porcelaine. Les couleurs au feu de moufle s’obtiennent dans de grandes cazettes chauffées par de petits foyers à une température peu élevée. De nombreuses couleurs s’altèrent à une grande chaleur, elles y perdent en brillant et en solidité. Le fondant que l’on mêle aux couleurs est un véritable cristal qui, par la chaleur, donne du cristal fondu.

Les couleurs sont obtenues grâce à des oxydes :

  • l’oxyde de cuivre produit le vert,
  • l’oxyde de cobalt produit le bleu,
  • l’oxyde de manganèse et l’oxyde de fer produisent le brun,
  • l’oxyde de fer produit le rouge brique,
  • les sels d’or produisent le rouge pourpre.

Cuisson : Source de chaleur dans les opérations techniques, degré d’une cuisson d’une matière vitrifiable. La première cuisson sert à cuire la pâte. La deuxième cuisson sert à appliquer, sur la poterie cuite, la glaçure, émail ou couverte qui, par l’effet de la chaleur, fond et enveloppe toute la surface.

Décoration :

  • Le grand feu est un procédé de décoration ; les pièces d’argile subissent une légère cuisson, ou “dégourdi”, et sont recouvertes d’émail, que l’on laisse sécher ; après évaporation, la surface devient friable. Sur ce support fragile, la décoration est “à cru”. L’artiste peint avec des oxydes qui sont aussitôt absorbés ; il n’a pas droit à l’erreur, aucune retouche n’est possible. La cuisson sera violente (900°C), émail et couleurs fusionnent. Les pièces deviennent brillantes et lumineuses.
  • Le petit feu est une technique permettant une certaine maîtrise des couleurs par une cuisson dite “au feu de moufle” à plus faible température. Les pièces ne sont pas en relation directe avec le feu, elles sont placées dans des cazettes, sorte de boîtes en terre réfractaire. Le petit feu se caractérise par une palette de couleurs très vives, et les motifs peints sont en légers reliefs.

Email : Vernis constitué par un produit vitreux, incolore, appelé fondant, coloré par des oxydes métalliques et qui, porté à la température convenable et fondu, se solidifie et devient inaltérable.

Matière vitreuse dont on enduit les poteries, la faïence. Glaçure qui rend étanche l’objet enduit par immersion ou par aspersion.

  • L’émail brun est composé d’oxyde de plomb, de manganèse et de poudre de brique. On réduit ces matières en poudre, et avec de l’eau, on en fait une bouillie claire.
  • L’émail blanc est composé d’oxyde d’étain, d’oxyde de plomb, de sable quartzeux, de sels marins ou de sels de soude. On mêle les deux oxydes et on les cuit dans un petit fourneau : cette poudre jaune obtenue se nomme “la calcine”, elle est la base. Puis on mélange la calcine, le sable et le sel marin qui donne l’émail blanc.
  • L’émail plombifère, à base de sels de plomb, est opaque et coloré, tendre, et s’altère à l’air.
  • L’émail stannifère, à base de sels d’étain, est très malléable, en même temps que très résistant. À haute température, il devient blanc et opaque, idéal pour la couverte de la faïence fine.

Émail cloisonné : C’est un art décoratif utilisant toute la palette des émaux de couleur, qui sont séparés par une petite cloison en laiton fixée sur une surface en cuivre ou en bronze. Selon le dessin, on coule de l’émail de couleur dans des petites alvéoles formées par les lamelles de laiton.

Faïence : De Faenza, ville d’Italie. Poterie de terre, à pâte opaque, vernissée ou émaillée.
Terre argileuse rendue très blanche par son mélange avec de la poudre de silex. La faïence italienne ou majolique est “une poterie à pate opaque, colorée ou blanche, à texture lâche, à cassure terreuse, recouverte d’un émail opaque, ordinairement stannifère”.

Grès : il s’agit de pâtes très cuites, non absorbantes. La terre ainsi cuite n’a besoin d’aucun vernis pour être étanche : c’est ainsi qu’il existe des grès rouges, gris-bleu, qui servent à faire des services, des tasses à café, des théières, etc…
Parfois, les grès sont recouverts d’un vernis transparent ou opaque ou d’une mince couche d’un vernis obtenu par projection de sel marin dans le four pendant la cuisson : ce sont les grès au sel ou grès cérame.
Céramique vitrifiée dans sa masse, à pâte dense, blanche ou colorée, imperméable, sonore et très dure, recouverte ou non d’une glaçure ou d’un vernis au sel. Température moyenne de cuisson vers les 1 250°C.

Majolique : La poterie de MALAGA, en Espagne, et celle de Majorque, l’une des îles des Baléares, étaient les fabriques les plus célèbres au Moyen Âge. L’ile de Majorque a donné son nom à la faïence, longtemps appelée majolica. Ce sont des ouvriers potiers arabes qui importèrent à Majorque la fabrication de la faïence à l’émail stannifère.
Le mot “majolique” est surtout resté employé en Italie, alors que le mot “faïence”, originaire de Faenza, en Italie, a prévalu dans le reste de l’Europe.

Porcelaine : Substance translucide, imperméable qu’on utilise en céramique fine.
Céramique fabriquée à partir de kaolin, de quartz er de feldspath. Elle se caractérise par sa blancheur et sa translucidité. Très dure, elle se vitrifie à une température supérieure à celle du grès.
La découverte de la porcelaine en Chine se situe vers 185 avant JC. Blanche, fine, vitrifiée, translucide, unie ou décorée, dure (cuite entre 1 250° et 1 400°) ou tendre (entre 1 050° et 1 250°), la porcelaine requiert une très grande maîtrise technique.

Réfractaire : Produit céramique capable de résister aux hautes températures sans se ramollir.

Sources :

  • Petit Robert 1991
  • Livre “Asperges en barbotine” Maryse Bottero – 1986 – Éditions Massin