La faïencerie de Lunéville St-Clément
Meurthe-et-Moselle, Grand Est
Jacques Chambrette père, maître faïencier, fonde une faïencerie en 1711 à Champigneulles. Son fils Jacques s’installe à Lunéville en 1722, devient fournisseur de la Cour puis fonde la grande faïencerie de Lunéville en 1730. Après la mise en point en 1748 de la « Terre de Lorraine », la production de faïence allie grande finesse et raffinement et elle devient en 1749 manufacture royale sous Stanislas, duc de Lorraine.
250 ouvriers y sont employés en 1753.
En 1757 l’achat d’un terrain à Saint Clément (7 km de Lunéville) donne accès à de nouveaux gisements d’argile et à la construction d’une nouvelle usine avec 9 fours.
Suite à des soucis de gestion et à des dissensions dans les familles propriétaires, les 2 faïenceries changent de mains à plusieurs reprises et deviennent indépendantes à partir de 1786.
L’activité souffre du niveau élevé des taxes ainsi que de la forte concurrence de la faïencerie anglaise (de qualité, faiblement taxée et très demandée). Après la période napoléonienne, la manufacture de Saint Clément redevient florissante avec la famille Thomas, celle de Lunéville est la propriété de Keller puis de Keller & Guérin (K&G).
Vue des ateliers à Lunéville en 1892 – Marque K&G : Keller et Guérin
La manufacture de Lunéville est à la pointe des avancées techniques : en 1853, remplacement des fours à bois pour des fours à charbon, dans les années 1870 industrialisation de la production avec des machines à vapeur et enfin en 1887 arrivée de l’électricité.
En 1892, les propriétaires de Lunéville rachètent St Clément ; les 2 manufactures sont réunies sous la bannière K&G et dominent le marché français et emploient 1350 personnes en 1894.
L’entreprise est relancée grâce aux barbotines mettant en avant l’art végétal et animalier ; l’époque art nouveau favorise ces motifs.
Au début du XXème siècle, des services aux couleurs pastel, des formes typiquement art nouveau – avec l’avènement de modèles d’inspiration végétale – et des décors entièrement faits à la main (dont ceux mêlant asperges et fraises) enrichissent l’offre. La conception de plats avec un couvercle permet de servir les asperges chaudes à table.
Suite à des problèmes de succession, le propriétaire Edouard Fenal, de la faïencerie de Badonviller, rachète 2 manufactures en 1922. La 2ème guerre oriente la production vers les objets utiles, les services à asperges et à artichauts ne sont plus demandés.
1978 : rachat de la faïencerie de Sarreguemines, mais chacune des 3 manufactures garde son style et sa ligne artistique.
2006 : rachat par « Faïence & cristal fins » et intégration à « Terres d’Est », un regroupement de cristalleries et de faïenceries lorraines.
La collection historique “réverbère” est toujours produite.
Sources :
- Livre « Asperges en barbotine » Maryse Bottero – 1986 – Éditions Massin
- Site web : La faïencerie de Lunéville – Manufacture depuis 1730 (terresdest.fr)
