Faïenceries : Vallauris

Les poteries de Vallauris

Alpes Maritimes, Provence-Alpes-Côte d’Azur

Vallauris est un petit village du département des Alpes-Maritimes niché sur une colline, à 5 kilomètres du bord de la mer, entre Antibes et Cannes. Il est tellement discret qu’on pourrait passer à Golfe-Juan et ne pas s’apercevoir que Vallauris et Golfe-Juan sont la même commune.

À Vallauris, la poterie est une tradition séculaire. Depuis les Romains, qui ont découvert une “terre naturellement réfractaire, c’est-à-dire résistante au feu”, de nombreux bois environnants pour approvisionner les fours et des ruisseaux qui descendent des Encourdoules pour se jeter dans la mer en passant par le village, le savoir s’est transmis de génération en génération.

Au 16ème siècle, Vallauris est déjà l’un des principaux centres de production de céramiques de la Côte d’Azur. À la demande des moines de Lérins (les îles de Lérins sont situées en face de Cannes), suzerains de Vallauris, une centaine de familles venues de Ligurie ou de Gênes s’installent à Vallauris. Elles apportent leurs connaissances et fabriquent des poteries culinaires.

Au fil du temps, des potiers d’Albissola (dans la région de Gênes) arrivent pour répondre à la demande des fabriques, toujours plus nombreuses.

A la fin du 19ème siècle, les potiers piémontais apportent à Vallauris de nouvelles formes de poteries culinaires. Les Vallauriens accueillent fort bien ces innovations et leurs créateurs.

Le 20ème siècle apporte son lot d’idées et de nouveautés, permettant à la communauté potière de Vallauris de s’épanouir dans le travail. De nombreux ateliers ont des difficultés à vendre leur fabrication, qu’elle soit décorative ou utilitaire, et la production s’écoule lentement. Aussi “en 1912, René Guilleré, fondateur en 1901 de la Société des artistes décorateurs, et Henri Clouzot, inquiets pour la survie des métiers artisanaux, préparent et présentent à la Société d’encouragement à l’art et à l’industrie un rapport sur la rénovation des “industries d’art provinciales”. Ils contribuent ainsi à la renaissance, notamment en leur offrant de gros débouchés par l’intermédiaire de Primavera, l’atelier d’art du grand magasin parisien le Printemps, qui passe commande d’objets artisanaux traditionnels dans de nombreux ateliers provinciaux. Primavera fait exécuter des séries d’autres objets ayant cette saveur du terroir, puis les diffuse à Paris, relevant cette sensibilité“.

Cette orientation va continuer jusqu’au second conflit mondial. De la sorte, les céramistes, moins reconnus que la famille Massier ou Picasso après-guerre, ont pu produire, entre autres, quelques pièces décoratives, mais aussi quelques services de table, dont les services à asperges, plus spécifiques à un usage particulier et bien modeste en quantité, mais de grande qualité. Ainsi, Marius Giuge, grand spécialiste de décors “jaspé”, s’est essayé dans des plats et des assiettes à asperges et à artichauts avec intérêt.

Si d’autres céramistes ont produit ce genre de services, il n’a pas été possible d’en découvrir pour l’instant. Cette fabrication s’est vite arrêtée.

Sources :

  • Livre “Asperges en barbotine” Maryse Bottero 1986 – Éditions Massin