01-La ligne Maginot

La ligne Maginot, du nom du ministre de la guerre André Maginot, est une ligne de fortifications construite par la France le long de sa frontière avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse et l’Italie de 1928 à 1940.

Après le 1er conflit mondial, la France n’envisage plus d’opérations militaires actives. En conséquence, la décision est prise de protéger ses frontières et de rester sur une position strictement défensive. Le contexte politique et économique étant fragile, l’ennemi héréditaire reste une menace.

Dans le Nord de l’Alsace, de grands ouvrages ont été réalisés : le fort de Schoenenbourg, près de Hunspach, le Four à Chaux à Lembach et l’ouvrage du Hochwald à Drachenbronn.

Le long du Rhin, 3 lignes de défense se succèdent. Une première ligne de casemates est construite sur la berge du Rhin, à proximité des ponts et des points de passage obligés.

La 2ème ligne est située sur la digue des hautes eaux, en face des points de passage, un peu plus en arrière. Elle est composée d’abris et de casemates (dite ligne des abris).

La 3ème ligne est implantée devant les villages (ligne des villages). 129 casemates ont été construites le long du fleuve. La densité des ouvrages reste faible, avec moins d’un ouvrage par kilomètre de front. À certains endroits, des intervalles de 3 à 4 kilomètres rendent la défense plus fragile. Quel contraste avec la ligne Siegfried construite après 1936 par les allemands sur les berges du fleuve. Elle compte en moyenne 10 ouvrages par kilomètre de front.

Hoerdt fait partie du secteur fortifié du Bas-Rhin, situé entre le secteur fortifié de Haguenau au Nord et le secteur fortifié de Colmar au Sud. Il comprend 3 sous-secteurs : Herrlisheim, Strasbourg et Erstein.

Le sous-secteur de Herrlisheim est occupé à partir du 8 septembre 1939 par le 70ème régiment d’infanterie de forteresse. Son poste de commandement est installé à Herrlisheim. Les 2 bataillons ont leurs quartiers à Drusenheim et Gambsheim. Chaque bataillon compte 3 compagnies de mitrailleurs, une compagnie d’engins et de fusiliers voltigeurs, une compagnie d’équipage d’ouvrage et une compagnie hors rang.

Une nouvelle ligne de défense a été construite entre Bischwiller et Hoerdt peu avant le début des hostilités mais certains ouvrages ne sont pas totalement achevés. Cette ligne a été occupée par le 315ème régiment d’artillerie, équipé de canons de 75, 145, 150 et 155 mm.

Hoerdt est doté de 8 casemates. La plus importante (encore visible aujourd’hui) se situe à l’entrée Est du village, rue de la Wantzenau. Elle était équipée de deux fusils mitrailleurs et d’un canon anti-char de 25 mm pouvant être déplacé entre deux créneaux frontaux. Deux autres casemates, situées à l’entrée Nord du village, sont aujourd’hui ensevelies sous la butte du stade annexe de football. Trois autres, inachevées, sont situées rue du Ried.

Enfin, les 2 dernières se trouvent rue du Traîneau, après l’école maternelle, aujourd’hui intégrées dans les sous-sol des habitations et servent également de caves.
Ces ouvrages, pour l’artillerie, étaient destinés à abriter des obusiers, pour une portée de tir de 12 à 15km.

D’après les témoignages des anciens, des rails étaient visibles dans la forêt de Geudertheim, allant du terrain de football de Geudertheim jusqu’au-delà de la ligne de chemin de fer Strasbourg-Wissembourg. Ces rails devaient permettre de déplacer (en changeant de position régulièrement pour ne pas se faire détecter) des obusiers, montés sur des wagons de chemin de fer. Ces canons n’ont peut-être jamais été installés, car aucune trace de leur passage n’a été retrouvée.