07-Opération Nordwind

L'opération NORDWIND

L’avancement de la guerre a repoussé les troupes allemandes jusqu’aux frontières du Reich à la fin de l’année 1944, mais l’Allemagne ne s’avoue pas vaincue, bien au contraire. 

La bataille des Ardennes

À l’aube du 16 décembre 1944, 17 divisions allemandes se lancent à l’attaque du front allié, ouvrant une brèche de 56 km de profondeur et 96 km de large dans les lignes alliées en Belgique et au Luxembourg.

L’offensive du maréchal allemand von Rundstett a surpris le commandement allié qui ne croyait pas l’Allemagne capable d’un tel effort.
Le 19 décembre 1944, la 3ème armée U.S. du général Patton prend la relève du 3ème corps U.S., permettant à ce dernier de se diriger vers le Nord pour résister aux attaques des troupes allemandes. Afin de compenser ce départ, la 7ème armée américaine, présente en Alsace du Nord, doit étaler ses lignes de front jusqu’à Saint Avold en Moselle et préparer hâtivement des positions défensives sur un front de 135 kilomètres allant jusqu’au Rhin.

Le 24 décembre, les troupes américaines remarquent une concentration de troupes en Forêt-Noire. Plutôt que de mettre en danger ses forces déjà diminuées par les envois de renforts dans les Ardennes, la 7ème armée U.S. reçoit la consigne de céder du terrain en cas d’attaque. La ligne Maginot doit être utilisée comme ligne principale de réserve.

La 7ème armée U.S. qui tenait Strasbourg ne dispose que de 6 divisions dont une blindée et de 3 « Task-Forces » (groupes de combat inter-armes), composées chacune d’une infanterie divisionnaire nullement aguerrie.

Sur le Rhin même, la “Task-Force” Linden a étalé l’un de ses régiments de Plobsheim à Seltz, c’est à dire sur 60 km. Dans le secteur de Strasbourg, ne subsistent que 3 compagnies, une au fort Hoche à Illkirch, une autre au port fluvial, la 3ème à Kilstett-Gambsheim, soit une compagnie tous les 9 km.

Devant la situation qui ne cesse de se dégrader dans les Ardennes, la 2ème D.B. reçoit l’ordre, le 28 décembre, de se préparer à repasser les Vosges pour épauler les américains dans le secteur de Sarreguemines-Bitche.

Ce même jour, le général Devers, commandant du 6ème groupe d’armée comprenant la 7ème Armée U.S. et la 1ère Armée française du général de Lattre, précise qu’en cas d’attaques puissantes de l’ennemi, c’est l’abandon progressif de toute l’Alsace libérée qui doit être envisagée.

De son côté, le général de Gaulle avait été alerté dès le 19 décembre des projets de repli américain.

Faut-il abandonner Strasbourg ?

Le 31 décembre 1944, à 23 heures, les allemands attaquent en masse sur le front Sarreguemines-Bitche, dans le but de s’emparer de la trouée de Saverne.

Le lendemain, 1er janvier 1945, dans l’après-midi, pour éviter que le 6ème corps U.S., engagé dans le saillant de Wissembourg-Lauterbourg, ne se trouve à découvert par l’avance ennemie, le général Eisenhower donne l’ordre au général Devers de replier ce corps sur la position principale des Vosges. Le 2 janvier, le général Devers informe le général de Lattre de l’ordre de repli et lui demande de ramener l’aile gauche de la 1ère Armée française sur les Vosges.

De fait, c’est l’abandon aux allemands du Nord de l’Alsace et de Strasbourg. Mais de Lattre, suite aux ordres du général de Gaulle qui lui demande de défendre Strasbourg coûte que coûte, refuse, conscient des risques que cela fait courir à la population et de l’importance de Strasbourg comme symbole national.

Malheureusement, les nouvelles circulent vite et, dès le lendemain, c’est l’affolement à Strasbourg. Pendant 3 jours, terrorisée par le départ des américains, une partie de la population tente de gagner les Vosges. Ni les affiches rassurantes, ni les recommandations ne parviendront à enrayer cette panique qui se communique rapidement aux villages voisins, puis à tout le département.

Le 3 janvier, le général de Gaulle et le 1er ministre britannique Winston Churchill interviennent auprès du général Eisenhower pour qu’il n’abandonne pas Strasbourg. Ils obtiennent satisfaction : la ville sera défendue, mais par les français.

En toute hâte, de Lattre commence à retirer la 3ème D.I.A. (du général Guillaume) du front central des Vosges. Il la remplace par les divisions voisines et des F.F.I. en attendant la venue dans ce secteur de la 10ème division, nouvellement constitué à partir de F.F.I.. Guillaume a ordre de défendre Strasbourg coûte que coûte.

Les américains quittent Strasbourg et opèrent un glissement de leurs forces vers le Nord et l’Ouest. L’axe Wasselonne-Gambsheim devient la nouvelle ligne de séparation entre les armées américaines au Nord et françaises au Sud.

À Strasbourg, au soir du 3 janvier, il ne reste donc plus que 2 escadrons de garde mobile. Un millier de combattants F.F.I., sous les ordres du commandant François, en provenance de l’Ouest du Bas-Rhin convergent vers Strasbourg. Il était temps, car pendant une demi-journée, la ville était dépourvue de toute défense.

Le 4ème R.T.T. (Régiment de tirailleurs tunisiens) de la 3ème D.I.A., partis le matin de Rupt-sur-Moselle, a franchi les Vosges par des cols enneigés, parvient à Lingolsheim le soir du 4 janvier 1945. Les 3 bataillons sont aussitôt déployés : le 1er bataillon au Sud de Strasbourg, le 2ème au Nord et le 3ème en ville et au port.

Sources :

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