08-Nordwind : La poche de Gambsheim

Le 5 janvier, à 6h du matin, les postes de F.F.I. signalent des tirs d’armes automatiques et de fusils à l’entrée d’Offendorf. 4 bataillons allemands viennent de traverser le Rhin, laissé sans surveillance. Dès midi, ils occupent une tête de pont large d’une vingtaine de kilomètres, englobant les villages de Gambsheim, Offendorf, Herrlisheim, Rohrwiller et Drusenheim. A Offendorf, des F.F.I., ayant fait feu sur les assaillants, sont pourchassés de maison en maison. Les allemands incendient les bâtiments pour les poursuivre.

Le 3ème R.T.A. (Régiment de Tirailleurs Algériens) du colonel Agostini, enlevé à la hâte le matin même de Bussang et de la vallée de la Thur, arrive le soir à 21h. Il est aussitôt dirigé sur le Nord de Strasbourg. Soutenu par le 2ème bataillon du 67ème R.A., des môles de résistance sont établis à Hoerdt, à l’asile d’aliénés, à la Wantzenau et à Kilstett. Le 4ème R.T.T. est quant à lui chargé de la défense de Strasbourg.

La tête de pont allemande continu de se renforcer. La traversée du fleuve a été rendu possible grâce à la construction d’un pont de bateaux.

Le 6 janvier 1945, le 3ème R.T.A. continue son déploiement au Nord de Strasbourg. Le 2ème bataillon s’installe à Hoerdt en zone de déploiement et d’attente, mais aussi en protection (môle de résistance) avec un secteur qui va de l’asile d’aliénés, de la lisière Est de la forêt de Geudertheim jusqu’au carrefour de la route qui va vers Geudertheim. Le village est inclus dans le dispositif.
Le 7 janvier 1945, une action combinée franco-américaine est tentée contre la poche. Au Sud, les français doivent reprendre Gambsheim.

L’infanterie réussit à atteindre les lisières de Bettenhoffen, dans le quartier Sud de Gambsheim. À la tombée de la nuit, ils sont obligés de se retirer sur Kilstett par manque de chars. Le résultat n’est cependant pas négatif, un coup d’arrêt est mis à la progression des allemands vers Strasbourg.

Le 8 janvier, à Hoerdt, secteur un peu plus calme, le 2ème bataillon du 3ème R.T.A. est relevé par le 1er bataillon du 7ème R.T.A.. La 1ère compagnie du lieutenant Pichavant et de l’adjudant Martini s’installe dans le village.

Jusqu’au 15 janvier, les américains et les français ne relâchent pas la pression sur la poche de Gambsheim, mais la ligne de front reste plus ou moins figée. Durant l’hiver 1945, la campagne autour de Strasbourg n’est que dédale de ruisseaux, de fossés, de marigots, de canaux gelés couvrant de leurs inondations glacées les prairies voisines. Le tout sous une neige épaisse et des températures jusqu’à -20°C.

Sources :

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